Jérémy
![Jeremy[51] (c) Bryapro](https://www.assembleeclimat.brussels/wp-content/uploads/2025/03/Jeremy51.png)
Bruxellois de naissance, Jérémy a grandi dans la capitale, s’en est éloigné un temps avant d’y revenir. Son parcours est fait de rebonds : il a exercé dans l’Horeca, la vente et le commerce de meubles sur mesure, avant de se lancer comme indépendant dans l’achat de vieux meubles qu’il restaurait en utilisant des produits naturels et sans solvants. Mais la vie en a décidé autrement. Un accident domestique le contraint à ne plus travailler et être en invalidité. S’ensuivent des années de démarches administratives, de combats pour ses droits, et une prise de conscience progressive de sa situation. « C’est en 2020 que j’ai vraiment compris mon handicap », confie-t-il.
Aujourd’hui, le jeune quarantenaire vit à Anderlecht, dans un appartement qu’il loue à un ami, avec un petit jardin où il aime cultiver quelques plantes, quand la météo le permet. « J’ai eu de la chance de trouver cet endroit, après un parcours du combattant pour retrouver un chez-moi. » Le partage et l’entraide ? C’est un peu inné chez lui et il cultive ces valeurs depuis les mouvements de jeunesse auxquels il participait très jeune. « Chez ma mère, dans le logement social où elle vit, on partage les outils avec les voisins. Ici, je fais pareil. Une foreuse, on ne l’utilise que quelques minutes dans sa vie, alors autant la prêter. » Des voisins qu’il connaît toutes et tous : du couple avec enfant à la dame plus âgée. Pour lui, la solidarité de proximité n’est pas une idée abstraite, cela doit devenir une réalité du quotidien.
Quand il reçoit l’invitation à participer à l’Assemblée citoyenne pour le climat de Bruxelles, il se laisse d’abord surprendre. « J’ai gardé l’enveloppe, je la trouvais bien faite. Et puis je me suis dit : c’est l’occasion de faire entendre ma voix, d’être acteur plutôt que spectateur. »
Optimiste et impliqué, il découvre un espace où les personnes échangent volontiers. Il n’a pas d’attentes particulières sur le processus et se laisse porter avec enthousiasme par les débats car il est convaincu qu’il en ressortira de toute façon quelque chose de bien.
Parmi les sujets qui le touchent particulièrement, la question du logement revient souvent. Lui-même a connu les écueils de la colocation forcée, du statut d’isolé qui se perd en Belgique dès qu’on partage un toit. « On cohabite souvent par nécessité, mais en plus on est pénalisés fiscalement. Ce n’est pas normal. » Il milite pour des solutions accessibles et pragmatiques, inspirées de son propre vécu. « On ne demande pas la lune, juste des mesures qui prennent en compte la réalité des gens. »
Mais au-delà des enjeux politiques et sociaux, ce qui lui plaît dans cette aventure, c’est aussi l’humain. « J’aime les rencontres, les discussions, ce qui se passe autour d’un café. C’est ça qui fait avancer les choses. » Après la deuxième session, il a partagé ses impressions avec ses amis. « Parfois, j’ai du mal à expliquer ce qu’on a fait, tellement c’est dense. Mais je sens que ça m’apporte quelque chose. »
L’Assemblée citoyenne, pour lui, c’est une bouffée d’oxygène. Une façon de reprendre sa place, d’apporter son regard sur le monde et d’imaginer un futur plus solidaire. « J’ai confiance. Ce qu’on fait ici, ça a du sens. Et si on peut en inspirer d’autres, alors c’est gagné. »